16décembre2017

Cholera Platform

Against cholera

Guinée - Epidémiologie du choléra dans la ville de Conakry

 

 


 

L’étude a eu pour objectif de décrire et d’analyser la distribution spatiale et temporelle du choléra entre 2003 et 2009 dans la ville de Conakry, afin de permettre une cartographie des quartiers vulnérables au choléra. Des données sanitaires ainsi que les résultats des enquêtes de vulnérabilité réalisées entre 2009 et 2010, par ACF, respectivement auprès de 96 et 1470 ménages, ont été utilisés.

L’analyse de l’épidémie de 2007 a montré que 15 quartiers, localisés principalement dans les communes de Ratoma et Matoto, ont eu un taux d’incidence cumulé supérieur à 50 cas par 10 000 habitants. Une cartographie dynamique a été faite afin de comprendre la répartition spatio-temporelle de l’épidémie. Il est ainsi apparu que l’épidémie a débuté dans des quartiers avec une bordure littorale. Ces zones doivent être donc prioritaires en termes de surveillance épidémiologique, d’investigation microbiologique et de mise en œuvre d’activités de prévention et sensibilisation. Par la suite, la propagation de l’épidémie ne peut s’expliquer uniquement par une transmission interhumaine, les précipitations ont surement eu un rôle de diffusion également via une contamination des bas-fonds et zones maraichères, des zones de rizière et des réseaux d’alimentation en eau potable défaillants. La diffusion géographique montre la nécessité de mettre en œuvre, dès le début, des activités de réponse d’urgence afin de contrôler les flambées.

L’analyse des enquêtes de vulnérabilité menées par ACF a permis de mettre en évidence un accès à l’eau potable limité dans les quartiers, et notamment au niveau des lieux publics, ainsi qu’une évacuation des eaux usées et pluviales insuffisante. L’enquête réalisée au niveau des ménages a confirmé ces informations. Elle a également montré une faible utilisation de produits chlorés. Les connaissances liées au choléra semblent insuffisantes : seuls 50% des ménages indiquent qu’il faut emmener un patient à l’hôpital pour être soigné, moins de 10% informent les autorités.

Les principaux facteurs de risque identifiés ont été la présence de lieu d’échange (marchés, lieux de cultes, gares routières …), la localisation proche du littoral et notamment la présence d’activités maritimes. Pour chacun des quartiers, une indexation a été faite permettant de définir s’ils doivent bénéficier d’une surveillance épidémiologique et d’activités de prévention, ou s’ils sont concernés par une surveillance épidémiologique et la mise en œuvre d’actions de riposte. Les quartiers se répartissent ainsi en trois catégories : ceux dits de déclenchement, ceux de déclenchement et de propagation, ceux de propagation.

En fin de rapport est proposé une série de recommandations selon 3 axes opérationnels : Préparation aux épidémies, Réponse aux épidémies, Renforcement des connaissances des épidémies de choléra à Conakry et sa région.

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