20avril2018

Cholera Platform

Against cholera

Etude EHA dans les zones à haut risque choléra au Tchad : Revue et formulation de propositions d’action pour prévenir le choléra dans les régions du Hadjer Lamis et de N’Djamena (2016)

Auteur / Organisation : Paul Cottavoz /UNICEF

Année : 2016

Pays : Tchad


Comp et23

Le Tchad a fait l’objet d’une étude s’inscrivant dans le cadre d’une série à l’échelle régionale dont l’objectif était de caractériser les dynamiques épidémiologiques afin de proposer des plans d’actions spécifiques à chacun des pays. La méthodologie appliquée a été à chaque fois d’identifier les localités clés dans la propagation des épidémies, caractériser les conditions EHA dans celles-ci et proposer des actions spécifiques pour réduire la vulnérabilité au choléra.

Les deux régions sanitaires les plus touchées par les précédentes épidémies ont été l’Hadjer Lamis et N’Djamena.

L’Hadjer Lamis se caractérise par deux entités épidémiologiques distinctes que Guité et Massakory. La première est le lieu d’échanges commerciaux et familiaux très forts avec le Cameroun et le Nigeria. La ville et le marché de Massakory ont joué le rôle de site de diffusion lors des épidémies de 2010 et 2011. A N’Djamena, les points d’entrée ont été les quartiers, frontaliers avec le Cameroun, de Walia et Farcha. Les marchés ont probablement constitué des sites de diffusion.

Les conditions de prise en charge ne sont pas toujours optimales et une transmission est souvent produite suite à la visite de malades ou lors de cérémonies funéraires. Le personnel des centres de santé n’était pas toujours formé et souvent sans stock adéquat. La population utilise peu les centres de santé dont le maillage est insuffisant. Ce dernier est en cours d’évolution.

Dans la ville de Massakory, un nouveau réseau d’eau est actuellement en construction. Pour le moment, l’accès à l’eau se fait via des pompes à motricité humaine ou forages équipés de château d’eau. Ces ressources sont également utilisées en zone rurale et dans les quartiers de N’Djamena non couverts par les réseaux (70% de la population). La chloration n’est pas systématique et pas toujours appropriée. En milieu rural, il existe également des mini réseaux AEP. Sur la majorité de ces structures, l’eau est saumâtre et souvent turbide. L’accès à l’assainissement est bon en milieu urbain et de nombreuses zones rurales ont bénéficié de projets d’Assainissement Total Piloté par la Communauté. La nature du sol entraine souvent des effondrements, le taux de couverture en assainissement n’est donc pas stable. La gestion des déchets est insuffisante, en saison des pluies ils sont utilisés pour assurer le remblai de certaines zones. Les conditions d’hygiène sur les marchés sont insalubres.

Dans ce document se trouve la proposition d’un cadre logique permettant de contribuer à réduire la prévalence et la létalité du choléra au Tchad, en renforçant les capacités de diagnostic et de prise en charge dans les centres de santé des zones à haut risque, en améliorant les infrastructures de ces centres de santé, en appuyant les réseaux sentinelles, en améliorant les conditions d’accès à l’eau dans les communautés à haut risque, en développant le marketing social pour l’assainissement, et enfin en améliorant les conditions sanitaires des marchés. La mise en œuvre de ce projet est estimé à 1 307 338 euros.

Chad is a country regularly affected by cholera outbreaks. Thus, due to its high risk for cholera, Chad was included in a regional approach aiming at studying the epidemiological dynamic, so as to propose coherent action plans for each context to sustainably prevent cholera epidemics. The methodology applied was: i) to identify the key localities linked to the spread of cholera, ii) to establish their WASH context and the health facilities capacity to deal with an alleged future outbreak. Then, based on the results, the study allowed to propose specific activities to reduce the cholera vulnerability.

Hadjer Lamis and N’Djamena were the 2 most affected regions during the previous epidemics.

Hadjer Lamis is composed of two different epidemiologic entities: Guité and Massakory. The first one is a commercial exchange area, with frequent community interactions with Cameroon and Nigeria. The city and the market of Massakory played a major role in the diffusion of the 2010 and 2011 epidemics. In N’Djamena, the entry points were the areas of Walia and Farcha, bordering Cameroon. And on the other hand, the markets were likely diffusion sites.

Conditions of case management were not proper and contaminations were often linked to the visit to patients or funeral practices. The medical staff did not receive sufficient training and had no access to an appropriate stock. The coverage of health centers was insufficient; people were not going frequently to these facilities, even if at the time of the study, this attitude was now changing.

In Massakory, a new water network is under construction. For the moment, people continue to draw water from handpump boreholes or from a water tank. Rural areas and surroundings of N’Djamena are not connected to the water network (more than 70% of the population). Population are then using the same kind of water resources than in Massakory. Chlorination is not systematic and the concentration is not always appropriate. In rural areas, some small water networks exist. Most of them are prone to turbid and salted water. Access to sanitation is good in the urban area and a lot of rural areas benefited from CLTS project (Community Led Total Sanitation) in the past. However, the soil structure is not adapted and sometimes led to the collapse of many facilities. Thus the coverage is not stable. The waste management is insufficient. During the rainy season, the rubbish are used to backfill some places. Hygiene conditions on the market are unhealthy.

Within this document, a logical framework was defined in order to reduce cholera morbidity and lethality in Chad. This project should run through reinforcing the diagnosis and case management capacities in the areas at-risk; improving health centres facilities; supporting the sentinel surveillance networks; improving access to water and sanitation in the communities at risk; developing the social marketing for sanitation; and through improving the environment of markets. The costs estimated to implement this project is about 1,307,338 euros.

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